électives
L'art du cinéma
Des 130 années de vie du cinéma, l’auteur a sélectionné les 10 meilleurs films de chacune de ces années, n’oubliant pas de prendre en compte tous les genres cinématographiques. Nombre de listes de « meilleurs films » (sur tel ou tel thème, tel ou tel pays, etc.) foisonnent sur les sites Internet, mais la démarche qui est ici entreprise est tout à fait inédite.
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Introduction
Adoptant une approche chronologique, on nous reprochera de présenter une histoire des meilleures œuvres de l’art du cinéma d’un point de vue subjectif quant aux contenus mêmes de ces listes. Mais toute histoire, qu’elle soit d’art ou d’autres domaines, épouse la sphère d’une certaine subjectivité, ne serait-ce que par les déterminismes sociologiques dont dépend son auteur. Si nous assumons cette part subjective — cette histoire émane de tel homme, dans tel contexte et à tel moment de l’Histoire, avec telle subjectivité —, nous revendiquons néanmoins notre appartenance à la sphère objective. Car « les goûts et les couleurs… ne se discutent pas » : les œuvres magistrales, par leur puissance d’évocation, traversent sans mal les années, les décennies et les siècles — jusqu’au jour où elles finiront peut-être par disparaître (on fera de l’archéologie !).
À cela s’ajoute le travail, celui consistant à former son regard : voir et revoir des films, des bons comme des moins bons, et tenter, au fil des ans (voilà près de 30 ans que nous nous y consacrons), de comprendre en quoi consiste l’art cinématographique. Les théories du cinéma — nombreuses — ne peuvent déboucher sur une juste formation du spectateur sans l’expérience intense et toujours renouvelée de la contemplation. À l’inverse, l’expérience seule laissera un spectateur — aussi assidu soit-il — dans l’ignorance de cet art sans une approche réflexive : qu’ai-je vu ? Y ai-je pris du plaisir ? À quoi cela tient-il ? Et ce plaisir — ou ce déplaisir —, est-il le véritable fait de l’œuvre elle-même ou d’une quelconque influence qui viendrait biaiser mon regard et mon ressenti ?… C’est en essayant de répondre à de telles questions que peut commencer à émerger une conscience esthétique chez le spectateur […].
Notre démarche est ambitieuse et folle quant au projet que l’on se donne ; elle semblera prétentieuse et hautaine ; elle est pourtant humble et désintéressée. Nous assumons le paradoxe du caractère audacieux de l’entreprise et l’humilité dans laquelle elle nous plonge ; nous assumons le paradoxe de son caractère improbable et la quasi-assurance qui nous habite à vouloir nous y confronter. Nous ne voulons qu’une seule chose : donner envie de voir les films, de les revoir, de les aimer. […]
Notre entreprise est ici esthétique. Et mentionner les plus grands films condamne les autres à tomber dans l’oubli. Il y a là une réponse à notre temps, dans lequel hiérarchiser est devenu un gros mot, où tout est aplati, où tout se vaut, où le jugement même et la formation du goût sont perçus comme suspects… Non, tout ne se vaut pas. Tout du moins en art, plus que dans tout autre domaine. Et de tous les arts, le cinéma est sans doute celui qui aura le plus souffert — du fait notamment du nombre considérable de productions, émanant de pratiquement tous les pays du monde — de cette uniformisation du jugement (ou plutôt : de cette absence généralisée du jugement juste).
- Rubrique
- Hors collection
- Domaines
- Cinéma, Esthétique
- Parution
- janvier 2026
- Pages
- 407
- Format
- 14,8 × 21 cm
- Reliure
- Dos carré collé
- Impression
- Noir et blanc
- ISBN
- 9782488702010
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